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Old February 12th, 2009, 12:27 AM   #13 (permalink)
Gh0sT
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Originally posted by LES ETERNELS
Note : 19/20

« Arlésienne : Chose dont on parle mais qui n'arrive ou ne se produit jamais ». 1995 : Les Montpellierains de Kalisia sortent leur première démo qui reçoit rapidement des critiques dithyrambiques. Quelques mois plus tard, le groupe annonce travailler sur un récit de science-fiction mis en musique, œuvre que tout le monde anticipe déjà comme le Star Wars du progressive death metal. Les années s'écoulent, le groupe semble s'être perdu dans les limbes intergalactiques. Mais fin 2008, une transmission est interceptée : Cybion serait prévu pour début 2009 !

Et de fait, c'est le 11/1 que cet album de 1h11mn11s est mis à disposition du public contre une somme modique. Premier constat à la réception : un digipack somptueux et un livret qui semble confirmer qu'un space-opera épique est sur le point de se jouer dans les oreilles de l'auditeur. Au programme, une histoire découpée en 20 chapitres (pistes), s'enchainant sans interruption sur plus d'une heure. A l'instar des grandes sagas littéraires, le livret propose même son glossaire qui présente personnages, institutions et planètes du concept. A l'insertion du CD, l'auditeur est accueilli par une voix robotique s'exprimant en Kal, langage créé de toutes pièces par le groupe. Passé une magnifique intro symphonique avec chœurs "heavenly", la plongée dans le monde fabuleux de Cybion s'opère...

La première écoute fait inévitablement lever un sourcil perplexe façon Spock. Difficile d'aborder un morceau de 71 minutes sans se sentir troublé. Côté vocaux, se succèdent sans relâche, mais toujours à propos, narrations, voix claires (féminines ou masculines) et voix death. Côté musique, on pense tout d'abord à Ayreon et Star One. Les Montpellierains et Lucassen ont clairement eu une approche similaire dans la mise en musique de leur concept. Ce n'est pas donc anodin si le papa d'Ayreon fait ici une apparition. Niveau technique, c'est plus vers DT, et surtout Cynic qu'il faut se tourner. On n'a donc pas affaire à des manchots. D'ailleurs Brett, le guitariste/growler de Kalisia s'est vu proposer le même poste chez Cynic, rien que ça ! Bref, un voyage dont on ressort essoufflé... mais avec une sacrée envie de creuser.

Vient alors le moment de se saisir du livret, de prendre la pilule rouge (ou est-ce la bleue ?) et de repartir à l'assaut de ce haut château. Et là, l'indescriptible beauté de l'oeuvre se dévoile : musique et voix sont au service de ce conte de S-F et s'adaptent parfaitement à tout moment aux aléas de l'histoire. Par exemple, la puissante Ligue Galactique s'exprime sous la forme d'une chorale angélique suppléée par des orchestrations symphoniques grandiloquentes. Une histoire d'amour se voit gratifiée d'interventions feutrées à la flute ou au saxo. Le conflit entre un personnage et un Dieu-Machine prend le forme d'un death brutal, extrêmement technique, blast-beats à l'appui. La musique rythme ce récit de bout en bout, lui donnant une substance inattendue que Dick ou Clarke n'aurait pas reniée.

Ainsi se construit Cybion, juxtaposant styles et séquences musicales majestueuses, au gré d'une histoire dans laquelle l'auditeur est proprement immergé. La musique sert ici de vecteur, transmettant les émotions des protagonistes à l'auditeur. Et ça marche ! Frissons garantis sur certains passages, tristesse à d'autres moments... La fluidité et la cohérence de l'album sont tout simplement époustouflantes. En 71 minutes, de nombreux styles sont explorés, de multiples transitions effectuées et rien ne semble artificiel. Le groupe fait preuve d'une maîtrise mélodique ahurissante. Certains passages peuvent néanmoins sembler datés, comme s'ils étaient restés figés au début de la gestation de Cybion, sans avoir franchi le cap du 21ème siècle. Mais aujourd'hui encore, quel récit de S-F n'a pas son paradoxe temporel ?

Vous l'aurez compris, Cybion est un album exigeant. Il requiert de l'auditeur une attention particulière afin de livrer peu à peu ses secrets. Mais la récompense est à la hauteur de l'effort fourni : un effet d'addiction qui nous pousse à nous caler dans notre fauteuil et à nous rebrancher, ouvrant ainsi la porte vers le monde virtuel de Cybion. Un album aussi exigeant que ses créateurs, qui l'ont peaufiné amoureusement pendant 10 ans, ont fait fi des impératifs commerciaux, et ont réussi à livrer un produit absolument superbe qui s'offre même le luxe de comporter un second CD intitulé Origins. Messieurs, chapeau bas !!!
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