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Old June 19th, 2009, 03:42 AM   #38 (permalink)
Brett - K A L I S I A
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Originally Posted by PROG PARADISE
Note: 5/5

Dire que Cybion possédait déjà un statut de mythe relève de l’euphémisme. A l’instar d’un Chinese Democratie, Cybion était attendu comme une révélation, un coup de butoir dans le monde du métal progressif. Enfin, je vous rassure tout de suite, cet engouement n’était pas aussi important que pour ChineseDemocracy, Kalisia est un groupe français qui n’a sorti qu’une démo, Skies en 1995. Mais les progueux, surtout français, attendaient de pieds fermes ce nouvel album. Hélas, Kalisia a mis 14 ans a créer Cybion, enchaînant les malchances, les refus des maisons de disques jugeant le projet suicidaire. Et en effet le projet est énorme, une concept-song progressive de 71minutes et 11 secondes. Le projet était ambitieux et on les savait capable de relever le défis après une démo très réussie, acclamée par la presse. Alors, Cybion est-il aussi bouleversant qu’on le pensait ? Incontestablement, la réponse est oui !

Dès la vue du digipack, on sent que le groupe ne se moque pas de nous. Il est splendide, en un blanc classieux et surtout, il faut souligner la place importante des images dans le livret pour illustrer le concept de Cybion. Il est même rajouté à la fin un petit glossaire permettant de mieux interpréter le rôle des différents personnages dans l’histoire. L’artwork permet de comprendre ce qu’il se passe et on pourrait même dire que cet homme dans la lumière fait partie intégrante du concept « Come into the light ».

Entrons donc dans cet univers à part, Cybion est un pure trip de science-fiction contant les aventures de Keiji et de l’avenir de la terre. Il faut avouer qu’écouter Cybion est assez difficile pour celui qui ne possède pas les paroles et qui donc ne sais pas de quoi parle l’album. Les notes déferlent dans les oreilles de l’auditeur, les changements de voix, les breaks et les solis arrivent sans qu’on comprenne de quoi il s’agit. Bien sûr, on peut arriver à discerner quelque chose dans cette intensité musicale, mais pour tout comprendre l’auditeur a besoin du livret. Les paroles font parties intégrantes du concept, elles permettent de saisir la richesse vocale et ce pourquoi à certains moment il y a des passages instrumentaux. Il faut aussi souligner l’utilité du glossaire dans ce sens.

Dès la découverte du concept de Cybion, l’auditeur entre dans un véritable film. Tout y est avec la voix narrative, les growls, les voix féminines, robotiques et claires. Ici, chaque personne peut y trouver son compte. Le film se déroule et on assiste à des paroles françaises qui font penser à la petite copine de Keiji et qui renforce l’immersion dans l’album. L’impression que chaque détail a été étudié pousse au respect, 14 années de fructification pour un album jusqu’au boutiste. Le film prend forme avec des moments marquants. Par exemple, on assiste à un véritable affrontement de growls entre Keiji, le « dieu humain », et GOD, le « dieu machine ». Cet affrontement est totalement jouissif et même humanisé par moment avec des paroles assez fortes, : « The warmth of life has died in me you know ». Le film se déroule et différentes voix permettent d’identifier les acteurs de l’histoire, le cercle des immortels et sa voix angélique, la voix de GOD en growl puissant ou même celle de Keiji qui change pour être soit énervée, soit calme. La richesse des voix et des ambiances créent véritablement un tout unique, quelque chose où l’auditeur se laisse transporter. Tout y est très vivant.

Les ambiances sont d’ailleurs mûrement travaillée, bien que la musique soit plutôt agressive, on assiste à quelques passages calmes pour finalement délimiter chaque parties de l’album à quelques rares exceptions près. On regrettera que ces passages soient si courts car ils sont une véritable bouffée d’air frais dans cette densité musicale, mention spéciale au début de « Blinded Addict » avec son passage à la flûte et saxophone. Certains passages narratifs permettent vraiment de se plonger dans l’œuvre. Kalisia ose même le mariage des genres les plus improbables avec des passages presque électro-dance dans « Blinded Addict » et « Beyond Betrayal ». Le mélange des différentes voix, ambiances et genres surprennent continuellement l’auteur. L’aspect monolithique de Cybion se révèle alors profondément riche, et bouscule bon nombre de conventions métal et progressives. Les parties A et D en sont remplies.

Au niveau des instruments, il est clair que Kalisia sait de quoi il parle. Le mix est presque parfait, tout s’entend à merveille. On pourrait seulement regretter le son de la batterie un peu trop mat. Sinon, les instruments servent parfaitement l’histoire, magnifiant les vocaux féminins et masculins. On peut noter la montée en intensité parfaite dans la partie D qui prends l’auditeur aux tripes. Bien sûr, Cybion regorge de parties purement instrumentales, et même si elles ne durent jamais un quart d’heure, on notera les magnifiques passages de « Awkward Decision », « Black Despair » et « Circuits Distorsion » qui valent le détour notamment avec des solis de guitares et de claviers renforçant l’aspect complexe et science-fiction. Vraiment à l’écoute de cet album, il est rare de s’ennuyer ou de trouver des longueurs.

Pendant tout le disque, il est clair que Kalisia montre une véritable identité. On peut tout de même y discerner des influences dont les principales sont DreamTheater, Cynic, Emperor mais aussi, et comment ne pas y penser, Ayreon. D’ailleurs, Arjen Lucassen fait une apparition dans une partie de Cybion et les paroles qu’il dit sont finalement une référence à son œuvre. Les hommages sont très nombreux dans Cybion mais je dois avouer être très loin de tous les avoir trouvés. L’impression reste que chaque seconde de l’album a été réfléchi durant ces 1 heures 11 minutes et 11 secondes. Le concept a été poussé à fond. Mais le fait que tout ai été pensé peut aussi créer un effet de trop. Avec plus de passages calmes, le disque aurait été encore meilleur.

Comme je le disais, les hommages sont nombreux et notamment dans le CD bonus Origins qui reprends 4 morceaux des groupes qui ont influencés Kalisia : Dream Theater, Emperor, Cynic et Loudblast. Dans chacune de ces reprises, Brett Caldas-Lima a invité quelques musiciens connus comme Paul Masvidal (Cynic), Tom Maclean (To-Mera), Christophe Godin (Mörgblb) et bien d’autres. Ces reprises sont toutes refaites à la sauce Kalisia et sont vraiment bonne. Mention spéciale à celle de Dream Theater dotée d'une intro surprenante et à celle de Loudblast. Mais bien sûr, comme le cd s’intitule Origins, le groupe a décidé de rajouter leur première démo de 4 titres Skies remixé pour l’occasion. Il n’y a pas à dire, Kalisia nous gâte.

Cybion, réalisation de 14 années, représente un véritable chef d’œuvre, chaque écoute révèle quelque chose de nouveau. Les mélodies sont bien ficelées, la diversité est sûrement le maître mot du disque mais tout colle. On regrettera cependant un phénomène de trop qui aurait mérité à être aéré par un peu plus de parties calmes. Avec Cybion, le métal progressif français a pondu un de ses plus beaux chefs d’œuvres, quelque chose qui fait réfléchir sur la définition du mot progressif. Kalisia avance, ouvre des portes dans la vision que nous avons du progressif. C’est un OVNI comme on en voit rarement. Laissez-vous emportez par la folle aventure de Cybion, vous n’en ressortirez pas indemne !

Note : L’album est disponible en téléchargement pour 3 euros sur leur site et si ensuite vous voulez avoir le digipack, le groupe rembourse 1,5 sur le prix du digipack. Alors, pas d’excuses pour découvrir ce chef d’œuvre.
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Brett Caldas-Lima

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